Pour répondre à la crise qui secoue notre pays, le président de la République a pris l’initiative de lancer un grand débat national, qui devra se déployer parmi tous les territoires de notre pays.

Les maires et les conseillers municipaux sont en première ligne dans ce débat, ce dont je me félicite : vous le savez, j’ai toujours considéré que votre rôle était crucial, tout simplement parce que vous êtes en prise directe et quotidienne avec les Français, et que vous êtes les élus auxquels les citoyens font le plus confiance.

Je souhaite, ce mois-ci, revenir avec des faits sur la question sous-jacente de la crise que nous vivons, celle des inégalités dans notre pays.

Cela n’est pas assez dit : la France reste l’un des pays d’Europe où l’argent est le plus redistribué des riches vers les plus modestes. Selon les chiffres de l’OCDE, le niveau d’inégalité de revenus parmi la population en âge de travailler est réduit d’un tiers grâce au cumul des impôts et des prestations sociales.

Avant impôts et prestations sociales, le revenu moyen des 20 % des Français les plus pauvres est de 550 euros par mois, celui des plus riches de 4 500 euros.

Après impôts et prestations sociales, les revenus des plus pauvres passent à 930 euros par mois, ceux des plus riches à 3 700 euros. L’écart de revenus est divisé par deux !

Ces chiffres de l’OCDE sont confirmés par l’INSEE : le revenu brut des 10 % situés en haut de l’échelle est 29 fois supérieur à celui des 10 % les moins riches. Mais cet écart est ramené à six seulement grâce aux impôts et aux transferts sociaux. 

Certains commentateurs disent à qui veut l’entendre que les inégalités se creusent dans notre pays. Cela est faux ; au contraire, elles stagnent. Après la crise de 2008, elles se sont certes accentuées ; mais ces inégalités reculent à nouveau. 

Par contre, ce qui est vrai – et cela ne date pas d’hier ni ne découle de ce quinquennat – c’est que nous avons en France une mobilité sociale insuffisante, une inégalité des chances. C’est la raison pour laquelle ce Gouvernement a fait de l’éducation et de la formation une priorité. Par exemple, les classes de CP et CE1 dédoublées dans les réseaux d’éducation prioritaire et réseaux d’éducation prioritaire renforcée transformeront notre pays dans les 20 prochaines années. Ces réformes sont saluées par les syndicats et les observateurs objectifs. Seules les oppositions sectaires critiquent, car la critique systématique est leur fond de commerce.

Autre fait majeur : non, ce n’était pas « mieux avant » et, oui, la pauvreté recule en France. Sans nos politiques sociales, c’est 10 % de la population qui serait poussée à la rue.

Les faits et les chiffres sont là, têtus : la France est championne européenne en matière de lutte contre les inégalités, car la redistribution est opérée de manière équilibrée. Aucune politique ultralibérale ici : nos impôts sont élevés et les prestations sociales nombreuses. Comment peut-on alors qualifier d’ultra-libéral un pays où les prélèvements obligatoires représentent 45,3 % du PIB, dépassant ainsi en 2017 la barre des 1 000 milliards d’euros ? Pour comparaison, au Canada, ces prélèvements se chiffrent à 32 % du PIB ; 37 % en Allemagne. 

La vraie question, centrale à mes yeux, est celle de l’efficacité de ces prélèvements. Je suis convaincu que nous pouvons mieux gérer pour à la fois réduire ces prélèvements obligatoires, tout en luttant davantage contre les inégalités, en investissant pour l’avenir, la santé, l’éducation, la sécurité. C’est ce à quoi œuvre ce Gouvernement quand, depuis des décennies, les rois fainéants qui ont gouverné la France ont laissé la situation économique s’aggraver : gérant mal les ressources, taxant toujours plus, pour des services publics toujours moins accessibles et plus fragiles.

Ce tableau sur ce que financent 1 000 euros de dépenses publiques est à ce titre éloquent. Avec un détail majeur : sur ces 1 000 euros de dépenses publiques, une partie provient des déficits, donc de la dette, que nous laisserons à nos enfants. Alors que la politique menée par ce Gouvernement permettait, enfin, d’inverser la tendance, une des conséquences du mouvement dit des « gilets jaunes » est que les rentrées fiscales vont diminuer, et que les efforts budgétaires consentis – nécessaires pour éteindre cette colère – vont retarder le retour de la France à un équilibre budgétaire, ce que je ne peux que regretter.

Autre information importante qui ne figure pas : le coût de tous les élus de notre pays, 0,14 % du budget de la France. Soit 1,4 euro pour 1 000 euro de dépense publique.

Parce que les Français iront mieux quand la France et l’Europe iront mieux, vous pouvez compter sur mon engagement sans faille !

Bonne année 2019 à vous tous !