M. Robert Navarro attire l’attention de Mme la secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations sur les moyens que les pouvoirs publics pourraient mettre en œuvre afin de freiner une dynamique observée dès le plus jeune âge et qui concerne les inégalités femmes-hommes.

En effet, une enquête du fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), publiée le 8 novembre 2018 et menée auprès de 26 458 enfants et adolescents de 6 à 18 ans, met en lumière les discriminations spécifiques dont sont victimes les filles. Ont été posées à l’ensemble de ces jeunes 165 questions qui concernaient le respect de leurs droits, leur vie quotidienne, leur éducation, leurs loisirs et leur santé.

Principal enseignement : l’inégalité des sexes s’installe dès l’enfance, avec des filles davantage privées de lieux de sociabilité amicale et de loisirs et qui ne se mélangent pas aux garçons dans les cours de récréation. Selon cette étude, elles subiraient des discriminations spécifiques, et « le fait d’habiter dans un quartier populaire ou prioritaire ou encore d’avoir des parents au chômage a un effet plus fort pour les filles que pour les garçons » en termes d’accès aux savoirs, à la santé ou à des lieux de loisirs, estiment les auteurs de l’enquête. Et de poursuivre que, « même si ce ne sont que de petites différences, le fait qu’elles soient systématiquement plus en défaveur des filles traduit un effet de genre dans la constitution des inégalités que l’on peut donc repérer dès l’enfance ».

Ces résultats viennent confirmer d’autres études sociologiques menées sur ce sujet indiquant que les stéréotypes de sexe et sexisme seraient intégrés dès le plus jeune âge et que les individus et la société finiraient par y consentir.

Ainsi, par exemple, une large majorité des enfants et adolescents interrogés dans le cadre de l’enquête de l’UNICEF, estime que les deux sexes peuvent jouer aux mêmes jeux ; cependant, on trouve presque deux fois plus de garçons que de filles (11 % contre 6,9 %) à affirmer le contraire. Cela se reflète alors par exemple dans les cours de récréation où les filles laisseraient davantage les garçons occuper l’essentiel de l’espace afin qu’ils puissent jouer au football, et resteraient elles-mêmes à l’écart. Et, plus tard, à partir de l’entrée au collège, l’accès aux équipements de loisirs deviendrait restreint pour les filles, elles-mêmes devenant rapidement invisibles dans l’espace public, structuré notamment autour des stades, « skate parcs » ou autres boulodromes.

Par conséquent, il souhaite savoir comment les pouvoirs publics pourraient aider les collectivités territoriales à renforcer, diversifier et donner de la place aux activités des filles dans l’espace public avec des équipements qui créeraient davantage de mixité.