Le mardi 12 juin, j’ai eu l’occasion d’intervenir lors des questions au Gouvernement sur le besoin d’Europe dans un monde toujours plus instable et dangereux.

L’actualité était là : le déroulement du dernier G7 au Canada a offert une démonstration convaincante à tous ceux qui doutaient encore de la nécessité pour l’Europe de devenir enfin une véritable puissance, dans tous les sens du terme, pas seulement économique, mais également militaire.

À l’avenir, nous ne pourrons compter que sur nos propres forces, c’est une évidence.

Dans ce contexte, l’interview accordée le dimanche 3 juin par la chancelière allemande à un grand quotidien, dans lequel elle détaille ses positions sur l’Europe, doit retenir toute notre attention.

Mme Merkel répondait enfin aux discours ambitieux du président de la République française à Athènes et à la Sorbonne. Nous devons nous en réjouir. Cette interview marque de véritables avancées de la part de l’Allemagne, notamment sur les aspects relatifs à la défense.

Il faut également rendre hommage à l’action d’Emmanuel Macron qui, dès mai 2017, a relancé le thème de la défense européenne. Les sceptiques estimaient que c’était une chimère : la preuve est faite, là où il y a une volonté, il y a un chemin !

L’Europe a besoin d’une force opérationnelle pour monter rapidement une opération de secours au bénéfice de citoyens européens ou une mission d’interposition en Afrique ou en Asie, par exemple.

Mme Nathalie Loiseau, ministre auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a ainsi pu me présenter les dernières avancées : la coopération structurée permanente a été lancée en décembre de l’année dernière. Dix-sept projets communs, capacitaires et opérationnels, ont déjà été décidés et d’autres sont à venir.

Un Fonds européen de défense sera créé dans le prochain budget européen. Le jour même, la Commission européenne a annoncé que sa proposition comprendrait 13 milliards d’euros consacrés à l’amélioration des capacités et à la recherche en commun. Dès 2019, le projet pilote qui précédera ce Fonds permettra de financer les premiers projets.

Au-delà même de l’Union européenne à vingt-sept, la France a proposé un projet d’initiative européenne d’intervention qui permettra d’accentuer notre culture stratégique commune. L’action menée par ce Gouvernement est la bonne : nous avons besoin de renforcer l’autonomie stratégique de l’Union européenne, qui est l’une des garantes de la sécurité de notre continent.

Au-delà des questions de défense, l’Europe avance aussi à grande vitesse sur les questions économiques et monétaires. Les gouvernements français et allemand ont exprimé leur engagement commun d’approfondir l’Union économique et monétaire, ainsi que leur soutien à la mise en place d’un budget de la zone euro afin de favoriser la convergence et la croissance. Le Conseil européen du 28 et 29 juin a permis de définir une feuille de route claire, détaillée et cohérente pour l’achèvement de l’Union économique et monétaire. L’Union européenne ne pouvait se permettre de ne rien faire en attendant les futures crises ! Cette réforme sera la plus importante depuis le traité de Maastricht.

Autre sujet éminemment européen, la question migratoire. Là encore, face à l’urgence, il faut saluer la constance d’Emmanuel Macron, qui concilie humanisme et respect des règles et des engagements de chacun. L’humanité, c’est défendre le droit d’asile. C’est ce que nous faisons. La fermeté, c’est refuser que ceux, qui n’ont pas une bonne raison de fuir, fassent ce qu’ils veulent.

Face à ce défi, la réponse passe par l’Europe, comme l’a rappelé la France. Rien ne justifie de laisser l’Italie ou Malte seuls en première ligne. Surtout, le plus important est que l’Europe participe au développement de l’Afrique. L’aide au développement économique peut être une solution pour réduire les flux migratoires, en permettant aux pays de connaître prospérité et croissance économique. Avec le renforcement de la démocratie, il s’agit là de facteurs de développement des classes moyennes, ce qui permet de fixer les populations dans leurs pays d’origine.

Concernant le projet de loi asile et immigration, il a été dénaturé par la droite sénatoriale. Aussi, j’ai décidé, avec mes collègues de La République en Marche, de voter contre : la majorité Les Républicains a renforcé le côté répressif et abîmé la tradition d’accueil des réfugiés de notre pays. Ces votes démontrent, s’il en était besoin, que La République en Marche est à l’équilibre entre protection des frontières et respect des valeurs et de l’Histoire de notre pays.